Changement Climatique - "Projet Oasis" - Indicateurs - Tourisme et développement durable - Méditerranée - Écotourisme - Éthique et tourisme - Tourisme urbain - La régulation du tourisme

Changement Climatique

Le tourisme subit le changement climatique, mais il est aussi un contributeur majeur aux émissions de gaz à effet de serre (CO2 et autres gaz). Cette partie du problème a été moins fréquemment étudiée : les recherches sur l’effet de serre se concentrent sur l’analyse des impacts de la consommation d’énergie, des transports… sans chercher à évaluer la contribution spécifique du tourisme.

Au delà, il s'agit de comprendre comment le tourisme peut s'adapter au changement climatique, et quelles sont les stratégies permettant de limiter ses émissions de gaz à effet de serre.

Plusieurs articles ont été rédigés au fil de ces travaux afin de rendre compte des avancées. Vous pouvez en retrouver certains de ces articles en cliquant sur le lien ci-dessous et l'intégralité dans notre rubrique "publications".Pour en savoir plus...

Voir les publications

"Projet Oasis" : Conservation de la biodiversité et lutte contre la désertification du Sahara par la promotion d’un tourisme de qualité dans les oasis

Les statuts actuels de conservation de la biodiversité au Sahara, au même titre que les différentes menaces qui pèsent sur les oasis, font de celles-ci des entités sous haute pression. Les espèces des aires sahariennes protégées et non protégées, et notamment les grands animaux, sont particulièrement vulnérables... Face à cela, les hommes sont obligés de se concentrer sur des oasis d’eau permanente ou semi-permanente. Les oasis cumulent donc à la fois une biodiversité élevée et d'intense pressions sur leurs ressources naturelles.

 

Parallèlement, le Sahara connaît actuellement un essor rapide du tourisme, encore mal contrôlé et peu encadré. Il est indéniable que les oasis présentent un énorme potentiel attractif et vont être amenées à connaître une fréquentation croissante dans les années à venir.

 

Cependant, s'il est pensé de manière adaptée, le tourisme oasien pourrait s'avérer salutaire dans un tel contexte, en permettant de protéger et de valoriser la richesse des oasis.

 

Dans le cadre du programme Man and Biosphère (MAB) de l'UNESCO, TEC se propose d'étudier les potentialités touristiques des oasis ainsi que les possibilités de développement d'un tourisme respectueux de ces magnifiques agro-écosystèmes traditionnels.Pour en savoir plus...

 

Voir les publications

 

Indicateurs

Ces dernières années ont été marquées par un renouveau de la demande d’indicateurs d’environnement et de développement durable. Dans le domaine du tourisme, les services statistiques, mais aussi les organisations internationales (l’Organisation mondiale du tourisme, le Worl Travel and Tourism Council, Green Globe...), les services de l’Etat, les collectivités locales ou les entreprises cherchent à élaborer des tableaux de bord leur permettant de mesurer leurs progrès vers la durabilité. 

Quels sont les enjeux de ces indicateurs de développement durable ? Le plus évident est l’amélioration des démarches d’évaluation. Dans un secteur où la faiblesse de l'information statistique est souvent soulignée, le développement durable est venu ajouter un ensemble de questions nouvelles, qui obligent les méthodes d’évaluation à se renouveler en recourant notamment aux indicateurs. Ceux-ci, en retour,  mettent en évidence un besoin d’améliorer les systèmes d’information. 

Ensuite, les indicateurs témoignent d’une volonté de donner un contenu concret à la notion de développement durable, que les débats théoriques et les invocations idéologiques risquent de vider de son contenu. Ils sont alors un instrument de décloisonnement et de dialogues entre les acteurs. 

Enfin, puisque l’élaboration d’indicateurs est en principe couplée à un processus décisionnel, l’étude des expériences actuelles montre des avis assez divergents sur les politiques de développement touristique de demain, sur la gouvernance du secteur, et sont un bon révélateur des enjeux qui le parcourent. 

TEC réalise une veille systématique sur les initiatives dans le domaine des indicateurs appliqués au tourisme (méthodes et données), et met au point des indicateurs adaptés à chaque catégorie d’acteurs.

Voir les publications

Tourisme et développement durable

Le développement durable est avant tout un concept d’origine internationale, dont l’affirmation a été suscitée par des problèmes d’environnement et de développement globaux. A ces questions, la communauté internationale a répondu par l’affirmation de principes moins équivoques qu’il n’y paraît : priorité au développement des pays pauvres (articles 5 et 6 de la déclaration de Rio), responsabilité des pays développés dans la lutte contre les pollutions (article 7), rééquilibrage en faveur du long terme et des enjeux globaux. En résumé, pas de bon développement sans un bon environnement, et des « responsabilités communes mais différenciées » gouvernées par un principe d’équité, dans les relations à l’intérieur des États et entre ces États, mais aussi entre les générations présentes et futures. 

 

Le développement durable porte donc des valeurs de solidarité et d’équité dans l’accès au ressources ; il insiste également sur le fait que la réparation des dégâts causés à la planète et la prévention des dégâts futurs incombe d’abord à ceux qui en sont responsables et qui ont les moyens nécessaires, à savoir les pays développés. 

 

Nos travaux consistent à en dérouler les conséquences pour le secteur du tourisme. La notion de développement durable peut en effet être instrumentalisée par les uns et par les autres. Pour ceux qui considèrent le développement du tourisme à la fois comme souhaitable et inéluctable, le développement durable peut être l’occasion de discours généraux permettant, dans la confusion, l’expression des bons sentiments. La notion nous paraît plus féconde si elle est utilisée pour mettre en lumière problèmes et contradictions, pour ne pas oublier ce qui peut fâcher… et aussi pour analyser la portée des solutions émergentes. 

 

Plus précisément, ces recherches s’orientent dans plusieurs directions :

- L’évaluation de problèmes critiques pour le développement durable du secteur : contribution du tourisme au changement climatique et à l’érosion de la biodiversité, irréversibilités comme l’artificialisation du littoral...

- L’analyse de la transcription du développement durable dans les discours et les politiques touristiques, où derrière un unanimisme de façade, se cachent souvent des divergences profonde ;

La mise au point d'outils opérationnels pour les destinations touristiques : démarches stratégiques, système d'indicateurs locaux...

 

Voir les publications

Méditerranée

 

La Méditerranée est la première destination touristique mondiale. Elle accueillait en 2001 plus de 30% des arrivées de touristes internationaux. Elle est à la fois un espace homogène sur le plan touristique (c'est le lieu de l'"invention du tourisme"), et un espace différencié, dont les logiques et les niveaux de développement très variables créent un contexte intéressant pour étudier les conditions d'une relation nord/ sud plus équilibrée.

Le tourisme y a profondément marqué les paysages et les sociétés : la Méditerranée est sans doute la région du monde dans laquelle l'empreinte du tourisme sur l'environnement côtier est la plus importante. 

Les pays méditerranéens étaient historiquement caractérisés par une mise en valeur des ressources adaptée à la fragilité des milieux naturels : économies d'eau (gestion de l'eau dans les oasis), jardinage de l'espace. Le tourisme a souvent entraîné une urbanisation en site vierge et un mode de vie plus consommateur de ressources, qui engendre parfois un sentiment de luxe et de gaspillage eu égard au niveau de développement des destinations. Il est responsable d'une part importante des constructions de logements (hôtels et résidences secondaires) et d'équipements en bord de mer (ports de plaisance, parcs récréatifs…).

Région de "tourisme de masse" par excellence, elle permet aussi d'étudier les conditions de mise en place d'un tourisme plus durable, qui ne se limiterait pas à l'écotourisme ou au tourisme rural :comment renforcer les capacités de promotion et de commercialisation des pays du Sud et de l'Est du Bassin ? Leur permettre d'être moins dépendants des tours opérateurs ? Mieux intégrer le tourisme dans les économies locales et nationales, et le rendre moins sensible aux crises économiques et environnementales ?

Nos travaux pour le Plan Bleu sont l'occasion d'un suivi régulier de ces problématiques touristiques méditerranéennes, et d'une analyse plus fine de certains enjeux (la gestion de l'eau et le tourisme, l'adaptation de l'offre touristique aux évolution de la demande, par exemple).

Voir les publications

Ecotourisme

Le concept d’écotourisme est apparu dans les années 1985 chez les ONG nord américaines de conservation, alertées par l’impact des séjours naturalistes sur les espaces naturels visités. Elles conçoivent alors un ensemble de règles de conduite permettant de pratiquer un tourisme responsable et respectueux des milieux naturels.

 Très vite la dimension culturelle, puis, sociale, est également prise en compte. Préserver l’identité culturelle des populations locales, et contribuer à leur développement économique et social deviennent également des enjeux de ce tourisme  alternatif. Ces idées font leur chemin, sont discutées, débattues. A partir des années 1990, l’écotourisme sort du cercle du mouvement associatif, la démarche militante s’institutionnalise.

 

Aujourd’hui, si des débats se poursuivent parfois sur la définition précise de l’écotourisme, la définition la plus abondamment citée reste celle de la Société Internationale d’Ecotourisme  (TIES). “L’écotourisme est une forme de voyage responsable dans les espaces naturels qui contribue à la protection de l’environnement et au bien être des populations locales.” 

Malgré ces définitions de plus en plus admises, l’écotourisme souffre d’un déficit de positionnement : est-ce une niche de marché clairement assumée, réservée à un public sensibilisé à la découverte de la nature, et qui en ce cas ne prétendrait pas donner des leçons aux autres formes de tourisme, ou au contraire est-ce un projet sur ce que le tourisme mondial devrait devenir pour satisfaire aux exigences du développement durable ? 

Pour peu qu’on en adopte une définition souple et que l’on souligne les spécificités françaises et européennes, l’écotourisme est porteur dans sa philosophie et dans sa pratique d’une capacité à questionner et à enrichir le tourisme français sur des thèmes importants pour l’avenir. Pour autant, il faut en concevoir les limites et garder en tête la faible pénétration du terme chez les professionnels français du tourisme.

Voir les publications

Ethique et tourisme

Codes de bonnes conduites, chartes d’éthique, plans et labels d’environnement : les dix dernières années ont été marquées, dans le domaine du tourisme, par la floraison d’instruments et de déclarations visant à intégrer les enjeux de l’environnement et du développement durable dans cette activité, affirmant plus ou moins consciemment une éthique du tourisme. 

Ces textes ont en commun une revendication plus ou moins explicite d’une éthique distanciée des réalités du « business as usual », c’est à dire une intention affirmée de s’éloigner de l’intérêt de court terme des opérateurs pour prendre en charge des enjeux collectifs, ainsi qu’une base purement volontariste, sans obligation d'adhésion, ce qui revient à préconiser une auto régulation du secteur plutôt que des politiques publiques traditionnelles.

Cette évolution actuelle des discours, ces discussions sur l’éthique du tourisme, correspondent à une sensibilisation grandissante aux impacts du tourisme, que ce soit sur l’environnement ou les sociétés d’accueil, et parfois à une tentative de remise à plat des objectifs du développement touristique. Mais pour autant, vont-elles permettre une véritable évolution des pratiques des opérateurs et des touristes? Entraînent-elles un renouvellement des modes d’action collective dans ce secteur, ou se limitent-elles aux déclarations d’intentions ? Et d’ailleurs, quels moyens d’applications et de contrôle ces initiatives se donnent-elles ? 

Nos recherches portent sur l’analyse de la diversité des conceptions éthiques du tourisme, sur le rôle attribué à ces nouveaux outils par les différents acteurs, et sur l’évaluation critique des modalités de leurs mise en œuvre.

 

 

Voir les publications

Tourisme urbain

Le tourisme a eu en quelques années un effet spectaculaire sur certaines villes françaises. Des investissements conséquents ont permis d'adapter les centres-villes aux besoins d'une fréquentation ludique toujours plus importante, que ce soit quantitativement,  par exemple par la création de parkings ou qualitativement, par la réadaptation au rythme du piéton.

Mais ceci constitue-t-il une prise en compte suffisante des nouvelles demandes de loisirs ? Le tourisme urbain attire l’attention sur toute une gamme d'attentes en matière d'usages récréatifs de la ville, mais il se limite pour l’essentiel au centre-ville et a des difficultés à se diffuser dans la périphérie. L'attention portée au centre-ville, la focalisation sur un passé muséifié ne suggèrent-ils pas que tout l'aspect ludique, récréatif, voire identitaire de la ville pourrait être pris en charge par son centre, et que l'on délaisse le périurbain ?

Le développement des villes est animé par des tendances contradictoires. D’une part, on constate un "désir de ville", une valorisation des spécificités locales, de la culture et du patrimoine, la recherche de la socialité et de la centralité, d'une jouissance des aménités dans la ville. D’autre part , l’urbain s’étale à la fois en raison de l'évolution des modes de vie (désirs d'un habitat individuel, généralisation de l'automobile) et de manifestations nouvelles de l'économie de marché (centres commerciaux, logiques d'implantation des entreprises), ce qui produit une ville très différente de celle valorisée par le tourisme. Comment ces deux villes, la "ville active" et la "ville ludique" (BURGEL, 1993) peuvent elles s’articuler ? Quelles parts respectives peuvent prendre, dans la prise en charge des loisirs, d'une part un investissement du périurbain par les pratiques de loisirs et d'autre part une adaptation de la forme urbaine existante à ces nouvelles attentes ? Quels sont les effets environnementaux de ces deux possibilités, notamment dans le domaine des transports ?

Voir les publications

La régulation du tourisme

Du fait de son caractère dispersé dans les différentes branches de l'économie, de la bonne santé économique du secteur, et d'une perception générale d'une activité "qui marche toute seule", le tourisme est un secteur traditionnellement peu régulé.

Du tourisme "industrie sans usine", à l'environnement "matière première du tourisme", les slogans ont d'ailleurs toujours fleuri pour donner l'image d'une activité de service sans impact marquant sur les sociétés et l'environnement. La période actuelle montre plutôt une augmentation du nombre d'acteurs impliqués dans la gestion du tourisme (autorités locales, ONGs, secteur privé...), et une place importante accordée aux engagements volontaires (chartes de territoires, labellisation environnementale, engagements qualité...). 

Le tourisme souffre à la fois d'un manque de connaissance (une observation statistique peu développée) et d'un manque de reconnaissance dans les politiques. La connaissance du tourisme (flux, impacts économiques, effets sur l'emploi, les sociétés et l'environnement) est une condition nécessaire à l'émergence d'un intérêt commun chez des acteurs qui s'ignorent souvent. Ensuite, l'enjeu est d'intégrer les acteurs du tourisme dans la définition des objectifs du développement touristique, au niveau des Etats et des destinations, mais aussi de faire entendre les intérêts du tourisme dans les autres politiques (faire prendre en compte la demande du tourisme d'un environnement de qualité dans les politiques agricoles, industrielles ou de transport par exemple). 

Nos recherches portent sur :

- L'évolution des politiques publiques nationales dans le tourisme, avec dans certains pays le passage d'un État acteur du développement touristique à un État coordinateur et garant du droit ;

- Les politiques locales, avec la constitution de systèmes de pilotage du tourisme dans un contexte multipartenarial ;

- La place des outils économiques et financiers et des partenariats public-privé par rapport aux outils plus traditionnels ;

- Le renouveau des démarches volontaires pour une intégration de l'environnement et du développement durable, leur intérêt et leurs limites.

 

Voir les publications